La Grande Gare

Festival d'automne

Le décloisonnement des sentiments

Au XIXe siècle, Le train prend de la vitesse, la technique envahit de plus en plus de domaines de la vie quotidienne – et qu’en est-il des compositeurs ? Ils découvrent une nouvelle mécanique des sentiments.

Ce ne sont pas seulement les orchestres qui deviennent plus grands, mais aussi les voix : le vérisme de Pietro Mascagni anticipe le montage cinématographique, tandis que nous trouvons le contraire chez Wagner. Son flux infini emporte les héros comme les harmonies, dissout les airs et abonde en leitmotivs qui font parler l'inconscient bien avant que la psychologie ne s’y emploie. Avec Thomas Hengelbrock, Teodor Currentzis et Antonello Manacorda, le Festival d'automne accueille des chefs d'orchestre connus pour leur intransigeance. Deux opéras sont au programme : « Cavalleria Rusticana » de Mascagni dirigé par le Parisien d'adoption Thomas Hengelbrock et le « Tristan » de Wagner en version concertante sous la direction de Teodor Currentzis. Toujours en quête d'un idéal sonore et rejetant la routine, les deux chefs font des allers-retours entre les grands orchestres et leurs propres ensembles. Leur précurseur historique, Hector Berlioz, a déchaîné l'orchestre romantique et inventé le drame symphonique avec sa « Symphonie fantastique » - cette œuvre sera dirigée par Antonello Manacorda. Berlioz a également inventé - à Baden-Baden, soit dit en passant - le terme de « Festival ». Une « idée fixe » qui porte encore ses fruits aujourd'hui.