Wiener Blut

Quelques grands succès de l’opérette avec Konradi et Hengelbrock

Image montrant Katharina Konradi 25 C Simon Pauly © Simon Pauly
© Simon Pauly

On pourrait croire que cette sève rend immortel : le sang viennois qui irrigue les airs d’opérette de Johann Strauss fils a préservé jusqu’à aujourd’hui leur jeunesse et leur fraîcheur. Pour ses concerts avec Thomas Hengelbrock (le 31 octobre à 16 h et le 1ernovembre à 11 h), la soprano Katharina Konradi en a choisi deux : « À Sievering les lilas sont déjà en fleurs », extrait de « La danseuse Fanny Elssler », et « Salut, cher petit nid », extrait de « Sang viennois ». Bien entendu, le « petit nid » ne désigne pas la vénérable métropole sur les rives du Danube, mais le nid d’amour dans lequel la Viennoise Gabrielle n’a connu que la déception et l’ennui auprès du comte Zedlau, l’ambassadeur de la très sèchement germanique principauté de Reuß-Schleiz-Greiz. Le fait que tout finisse bien malgré tout entre ces deux-là, voilà qui fait partie de la recette assurant l’immortalité du genre.

Les Viennois considéraient jadis l’opérette « Wiener Blut » comme « une permission que le Maître Strauss aurait pris alors qu’il était au ciel ». Car le « roi de la valse » était mort juste avant la première, après avoir supervisé lui-même, pour cette opérette qui allait être posthume, l’habile association de morceaux antérieurs et d’un texte nouveau. « La danseuse Fanny Elssler » est également un pot-pourri posthume dont la première eut lieu en 1934 d’après les esquisses de Strauss. « Aujourd’hui, je sens qu’il doit se passer quelque chose », entend-on dans « À Sievering », l’air le plus connu de cette opérette. « Je suis toute troublée, je vais devenir folle si ça arrive aujourd’hui », chantera 50 ans plus tard Nena dans le tube de la Neue Deutsche Welle « Nur geträumt ». Certaines choses ne meurent jamais, voilà tout.

Mis à jour: 06/11/2020